Vous avez GA4. Et GTM.
Et un bandeau cookies que la moitié de vos visiteurs refusent.
Résultat : des données incomplètes, un doute permanent sur la conformité, et vos chiffres d'audience qui partent chez Google.
Pourquoi ça coince vraiment
GA4 envoie vos données hors UE. Le consentement est obligatoire — donc chaque refus crée un trou dans votre mesure. Et la CNIL surveille de près l'usage des outils Google.
Vous mesurez mal. Et vous n'êtes pas tranquille. Le pire des deux mondes.
Ce que ça règle — et comment
On bascule sur une stack souveraine : Matomo (auto-hébergé) + Matomo Tag Manager, en remplacement de GA4 et GTM.
Vos données d'audience restent sur votre infrastructure, en France. Bien configuré, Matomo peut être exempté de consentement (sous conditions reconnues par la CNIL) : plus besoin de bandeau bloquant, donc une mesure nettement plus complète. Et vous gardez la même logique de tags que GTM, sans la dépendance à Google.
Pour la restitution, des outils de reporting peuvent s'y brancher — MyReport en est un parmi d'autres, selon vos besoins.
Configurer Matomo en mode RGPD : la procédure CNIL
Voici la checklist concrète pour que votre Matomo coche les critères d'exemption reconnus par la CNIL. Chaque étape est nécessaire — l'absence d'une seule rouvre l'obligation de consentement.
- Auto-héberger Matomo sur une infrastructure en France ou dans l'UE. Le cloud Matomo France remplit aussi le critère territorial, mais l'auto-hébergement vous garantit la maîtrise totale (Coolify, Docker, VPS UE).
- Activer l'anonymisation IP sur les 2 derniers octets (paramètre
anonymize_ip = 2dans la conf Matomo). C'est le seuil minimal accepté par la CNIL pour considérer la donnée comme non-identifiante. - Désactiver les cookies de tracking côté client (
_paq.push(["disableCookies"])dans le snippet). Aucun cookie posé = pas de bandeau requis. - Respecter Do Not Track (
_paq.push(["setDoNotTrack", true])). Le visiteur qui a activé DNT dans son navigateur n'est tout simplement pas mesuré. - Configurer la rétention des données visite/log à 13 mois maximum (Anonymisation et rétention dans l'admin Matomo). Au-delà, les données doivent être agrégées ou supprimées.
- Exclure les IPs internes et les bots (admin Matomo → Paramètres → Confidentialité). Hygiène de mesure, et vos équipes ne sont plus tracées inutilement.
- Documenter la configuration dans votre politique de confidentialité, en citant explicitement Matomo, l'anonymisation IP et l'absence de cookies. C'est ce qui distingue une exemption « bien faite » d'une zone grise.
Pour le détail de la doctrine CNIL et le périmètre exact de l'exemption, voir l'article dédié : Matomo, CNIL et exemption de cookies — ce qui change vraiment.
Matomo RGPD vs alternatives
Sur le critère RGPD strict (auto-hébergement UE + anonymisation + cookieless + exemption CNIL possible), trois autres outils sont régulièrement comparés :
- Plausible — auto-hébergeable, EU-based, très propre RGPD, mais moins de profondeur d'analyse que Matomo (pas de heatmap, pas de session recording, segments limités). Bon choix si vous voulez la simplicité.
- PostHog — orienté product analytics, riche en features mais plus complexe à opérer. Le mode RGPD strict demande plus de configuration que Matomo.
- Umami — minimaliste, open source, RGPD-friendly par défaut. Idéal pour un site vitrine ; sous-équipé pour piloter du marketing.
Matomo se distingue par la combinaison « profondeur d'analyse + RGPD + tag manager intégré (MTM) + position historique reconnue par la CNIL ». C'est ce qui en fait le choix par défaut pour une PME qui veut une alternative complète à GA4 + GTM.
Avant / Après
Ce que ça ne règle pas
Matomo demande un minimum d'infrastructure et d'entretien. Si vous n'avez aucune contrainte de conformité et que GA4 vous convient, ne changez pas pour le principe. C'est quand la donnée d'audience est sensible — ou que la conformité compte vraiment — que le jeu en vaut la chandelle.
Vos chiffres d'audience vous appartiennent. Autant qu'ils restent chez vous.